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6 romans pour s’évader cet été

La période estivale ne rime pas forcément pour tout le monde avec vacances, voyage et bronzage au bord de l’eau… mais ce qui est sûr, c’est que les mois de Juillet & Août (et d’autant plus cette année), se prêtent bien aux envies d’évasion, de dépaysement, de découvertes, de nouveaux horizons, d’immersions !

Je vous propose aujourd’hui un mini tour du monde depuis, au choix : votre transat, votre canapé, votre serviette de plage, votre lit, votre pauses déj en terrasse…  avec une sélection de 6 romans que je trouve parfaits pour l’été.

Sauvage, J. Bradbury

Premier arrêt : les terres glacées de l’Alaska avec Sauvage de Jamey Bradbury. Si vous lisez ce livre sous 30°C, choc thermique garanti ! Je l’ai dévoré l’été dernier sous les chaleurs caniculaires avignonnaises : il faisait si froid entre les pages que la température extérieure m’en paraissait presque baissée. 

Je pense que la magie de ce livre opère si l’on ose se lancer dans sa lecture sans trop en savoir au départ. Je vous recommande vivement de ne pas lire le résumé de la 4ième de couverture qui en dit un peu trop à mon goût. L’intrigue est plus saisissante si on la découvre au fil de sa lecture. 

Sachez seulement que dans Sauvage nous rencontrons Trace, une jeune fille de dix-sept ans qui vit avec sa famille en Alaska. Fille de musher, passionnée des grands espaces, de ses chiens et de la forêt, elle passe des après-midis entières en balade au grand air. Robuste, téméraire et courageuse, c’est une jeune fille indépendante, presque rebelle. Enfant, sa mère lui livre 3 consignes qu’elle tâchera toujours de respecter à la lettre : «ne jamais perdre la maison de vue», «ne jamais rentrer avec les mains sales» et surtout «ne jamais faire saigner un humain». Mais un jour, Trace rentre à la maison avec du sang sur les mains… 

Trace nous embarque dans son quotidien, sa vie avec sa famille et nous fait traverser avec elle tous les questionnements liés à cette période si particulière qu’est le passage à l’âge adulte. Trace se sent différente, marginale, et un événement fatidique l’amène à questionner son identité et partir à la rencontre d’elle-même, peu importe les efforts que cela va lui demander. 

A la limite du fantastique et du thriller, ce roman est une pépite. Au coeur du froid glacial et des montagnes enneigées, tout en subtilité et singularité, Sauvage nous raconte l’histoire d’une jeune femme qui se découvre, cherche sa place et appréhende sa liberté.  

“Si je pouvais m’arrêter où je veux et m’abstenir de raconter le reste, c’est là que je choisirais de finir. J’en appellerais au grand gel qui s’annonçait, et je laisserais la glace et la neige nous figer exactement tels que nous étions ce jour-là, alors qu’un bonheur silencieux s’était emparé de moi, quelque chose qui ressemblait plus à de la justesse, et je n’aurais su dire s’il s’agissait de ma propre sensation, ou de celle de Su, ou de celle de Jesse. Le constat d’être revenu en un lieu que vous savez être le vôtre. Où vous savez qu’on vous désire et qu’on vous aime.”


Le coeur cousu, Carole Martinez

Changement de température avec Le coeur cousu au beau milieu de la chaleur de l’Espagne. 

Soledad, benjamine d’une grande fratrie, nous livre l’histoire de la vie de sa mère. Frasquita Carasco a dans son village du sud de l’Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu’elle coud, aux objets qu’elle brode. Rejetée par son village, elle part pour plusieurs années d’errance à travers l’Andalousie, accompagnée de ses enfants, eux-aussi dotés de dons un peu particuliers… Ensemble, ils traverseront le désert et sa chaleur brûlante, lutteront contre une menace d’enlèvement, apprendront à s’entraider et à s’aimer pour leurs différences. Une histoire de famille mais bien avant tout, l’histoire d’une femme.

Un roman teinté de fantastique, de magie et de surnaturel. Enivrant et saisissant.

« Alors son coeur battait au même rythme que le monde qui soudain emplissait sa petite chambre obscure. Il entrait en cortège par les fentes des volets, par les failles des murs. Il se déversait dans l’espace clos de sa chambre, s’y concentrait, il la pressait de toutes parts. Elle le sentait battre dans sa cage thoracique, frémir derrière ses paupières. Le ciel s’engouffrait d’abord, avec vents et nuages, puis les montagnes défilaient, enchainées les unes autres, comme les perles d’un même collier qu’on aurait tiré sous sa porte, venait ensuite la pleine mer, et les murs gondolaient comme des buvards. La création entière se rassemblait autour d’elle, en elle, et la jeune fille devenait le ciel, les montagnes et la mer. Elle venait au monde et le monde venait à elle. »


Les enfants de coeur, Heather O’Neill 

Montréal, les années 1910 : Pierrot et Rose sont deux enfants abandonnés à la naissance qui se rencontrent à l’orphelinat. En grandissant, ils se révèlent des êtres extraordinaires : l’une fait rire tout le monde en dansant et en mimant, l’autre improvise à merveille à son piano. Ils rêvent ensemble de créer un gigantesque spectacle de clown, leur imagination leur susurre d’aller conquérir le monde. Bientôt, les années passent, ils se perdent, se cherchent, sombrent tout deux dans les misères des rues les plus terribles de Montréal. Mais la vie leur réserve une merveilleuse chance, probablement la seule de toute leur vie, la dernière. 

Un conte de fées pour adulte, plein de délicatesse, de magie et d’onirisme. Une écriture touchante, à la fois douce et trash. L’honnêteté des mots est tantôt glaçante, tantôt émouvante. De métaphores en images poétiques, on se laisse bercer par la poésie de l’autrice. 

Dans ce roman, on parle de : l’enfance, l’art et la beauté, ce qui peut être appelé « spectacle », la figure du clown, la drogue et le statut d’addict, les femmes : leur place dans la société, leurs ambitions et leurs corps. Mais aussi, de liberté, de folie, d’amour et du fait de travailler avec la personne que l’on aime…

J’ai parlé plus longuement de ce roman par ici.


Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, Annie Barrows & Mary Ann Shaffer

Janvier 1946. Tandis que Londres se relève douloureusement de la guerre, Juliet, jeune écrivain, cherche un sujet pour son prochain roman. Comment pourrait-elle imaginer que la lettre d’un inconnu, natif de l’île de Guernesey, va le lui fournir ? Au fi l de ses échanges avec son nouveau correspondant, Juliet pénètre un monde insoupçonné, délicieusement excentrique ; celui d’un club de lecture au nom étrange inventé pour tromper l’occupant allemand : le  » Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates « . De lettre en lettre, Juliet découvre l’histoire d’une petite communauté débordante de charme, d’humour, d’humanité. Et puis vient le jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey…

Je le confesse : j’ai repris ici le résumé proposé sur la quatrième de couverture mais impossible de faire mieux. Ce roman est un vrai bonbon, les personnages sont adorables et drôles et on se prend vraiment rapidement au jeu du question-réponse lié à la forme épistolaire. 


La ferme africaine, Karen Blixen

Vous connaissez peut-être La ferme africaine grâce à son adaptation cinématographie intitulée Out of Africa. Ce livre est un petit bijou rempli de très belles descriptions de paysages mais aussi de récits d’expériences uniques à l’Afrique. Ce roman autobiographique retrace la vie de Karen Blixen lors de son séjour en Afrique orientale britannique de 1913 à 1931 où elle possédait une ferme et produisait du café. L’auteur y relate les aventures de sa ferme, les rencontres qu’elle a pu faire et tout un tas d’évènements marquants lors de cette tranche de vie passée en terres africaines. Le roman permet de mieux saisir les écarts culturels qui existaient à l’époque et (existent certainement toujours) entre ces peuples et les peuples occidentaux : des valeurs différentes, des conceptions de la morale et de la justice différentes aussi mais très inspirantes. Tout cela aide à mettre en perspective notre quotidien.

J’ai beaucoup aimé la poésie qui habille de récit, les descriptions des paysages qui permettent de s’évader, la lenteur agréable du cours des choses qui donne l’impression de les vivre en même temps que l’autrice et le regard possiblement nouveau pour l’époque de K. Blixen sur les choses de son quotidien dans ce pays.

« On trouvait aussi dans les Ngong Hills deux aigles à queue courte. Denys disait : « Allons voir les aigles. » […] Nous avons maintes fois pourchassé les aigles, virant, plongeant, grimpant, nous balançant sur une aile puis sur l’autre, et je crois que les oiseaux au regard perçant jouaient avec nous. Un jour, nous volions côté à côté, et quand Denys a coupé le moteur, j’ai alors entendu le cri de l’aigle. »


Au premier chant du merle – Suède

Sans doute le roman le plus « léger » de cette sélection mais une histoire touchante et sensible. 

Elisabeth emménage à Stockholm dans la même résidence qu’Otto et Elias, deux amis de longue date. Les deux amis vont, à travers l’art, le dessin, leur tendresse, leur bienveillance et leur bonne volonté, aider Elisabeth à sortir de la sombre dépression dans laquelle elle s’enlise de jours en jours. Ces trois grands solitaires vont découvrir ensemble le bonheur du partage des choses simples du quotidien : des repas, des balades, des couchers de soleil, des discussions auprès du feu… Grâce au talent d’Elias et à la sagesse d’Otto, Elisabeth apprend à se défaire de sa solitude, retrouver goût à la vie ! 

Je vous souhaite de belles lectures !

Manon

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