le jukebox

Izia et sa « Citadelle »

Des émotions qui montent trop vite
Les sensations elles tombent trop vite
Passer du rire aux larmes si vite
- Trop vite

J’attendais cet album avec une vive impatience. Le jour où est sorti le premier single, je me suis empressée de l’écouter, à tel point que je suis persuadée d’être la première à l’avoir écouté. “Trop vite” est une ode aux hyper-émotifs, ce qu’elle est elle-même : je me suis immédiatement reconnue dans la puissance de ses mots.

Izïa vit la scène ! C’est là que je l’ai rencontrée pour la première fois. Totalement par hasard. Mais ce fut un heureux hasard : le coup de cœur immédiat.

C’est la scène qui l’a créée. Alors qu’elle commence à jouer de la guitare et à écrire des chansons à l’âge de 13 ans, elle forge sa carrière sur la route, sans album ou label. A 16 ans à peine, elle fait la première partie du rockeur international Iggy Pop au Palais des Sports de Paris. Sa réputation est due à son énergie communicative et à sa grande liberté : ne soyez-pas étonnés de son humour délirant et de ses improvisations verbales (on entend parfois quelques gros mots) !

Elle maîtrise parfaitement sa voix et, au-delà de sa technique impressionnante, Izia transmet de la chaleur et émeut ses spectateurs. D’ailleurs, il n’y a pas eu un seul de ses concerts dont je suis sortie sans avoir versé ma larmichette. La voir est un moment magique. Son sourire radieux et son regard inspiré nous laissent tout de suite ressentir la passion qui l’anime. Elle incarne la grâce et la rage à la fois, elle vous prend au corps et vous ne pouvez rien y faire. Vêtue de simili-cuir noir, elle danse dans une telle harmonie avec ses sons, impossible de l’arrêter.

Son prénom résume la personne : Izïa (venant de M-zia en géorgien) signifie “ensoleillé”, et c’est, en effet, un soleil ambulant.

Izïa c’est un phénomène qui t’embarque avec elle. Son dernier album, tant attendu, “Citadelle”, lieu où elle passait ses étés enfant, nous emmène dans son histoire riche en émotions. 

Sorti en 2019, cet album symbolise le cycle de la vie. Il commence par “Dragon de métal” dédiée à son père, Jacques Higelin, décédé en 2018. Il l’a bercée au rythme de la musique, de sonorités riches et variées. Leur relation très complice l’a menée à le bercer à son tour tout au long de son album, on entend même sa voix introduisant le morceau “Sentier”. L’album s’achève par “Que tu saches” dédiée à son enfant né la même année. 

Pour elle, “Sunset” est la chanson la plus impersonnelle de son album, mais tous ceux qui l’interviewent la questionnent sur la sensibilité de ce titre. Le soleil se couchant symboliserait l’extinction d’un être cher. Sans s’en rendre compte, elle a réussit à écrire l’une des chansons les plus touchantes de son opus. 

Sur l’océan le sunset, retiens mes dernières larmes
L’horizon me tient tête, je revois ton visage
- Sunset

Ses musiques teintées de sonorités électro et rock se mêlent magiquement aux paroles toujours porteuses de sens. Auteure-compositrice-interprète, elle chante avec ses tripes, avec son cœur. Si ces expressions sont trop abstraites pour vous, il suffit de l’entendre chanter, vous verrez !

Izïa transmet des valeurs fortes telles que l’espoir… dont on a largement besoin en ce moment. Dans “Sous les pavés”, sa voix rauque nous chante : 

Sous les pavés, la plage, sous le sable, le ciment
S'étend plus loin que l'horizon
J'avance sans savoir ce qui m'attend
Sous les pavés, la plage, sur le sable, je m'étends
Je veux revoir la mer plus bleue que bleue
Sans jamais se dire adieu
- Sous les pavés

Pour écouter Citadelle, c’est par ici sur Deezer, ici sur Youtube ou ici sur Spotify :

Lucie Ratier

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